mardi 14 juin 2016

Loi travail : la droite sénatoriale enfonce le clou



Comme je l'annonçait dans mon précédent post, c'est avec un plaisir non dissimulé que la droite sénatoriale majoritaire s'empare de la loi dite Travail pour l'assaisonner à la sauce ultralibérale parachevant le travail de sape du pacte social initié par les têtes pensantes du ministère du travail.

Et les sénateurs vont s'y donner à fond avec déjà au menu la suppression des 35 heures ou encore du compte pénibilité. Les sénateurs de droite n'ont bien sûr aucune illusion sur l'issue de propositions mais entendent bien se servir de leur position de force pour affaiblir un peu plus le gouvernement de Manuel Valls et de facto François Hollande. 
Pour sa part, le gouvernement compte sur la potion amère pondue par le Sénat pour faire passer en seconde lecture son texte. Sauf qu'un texte dont certains articles sont fondamentalement et viscéralement inacceptables pour une grande majorité de la Gauche et des syndicats y compris dits réformistes a peu de chance d'être acceptée.
En mai, les spin-doctors de l'exécutif avaient aussi prévus un rapide essoufflement de la mobilisation qui même si elle a bien faibli est toujours présente. Les rodomontades et exhortations de Manuel Valls sont restées vaines et sans effet. Comment celui qui n'a su convaincre le cercle restreint de ses propres députés socialistes pourrait faire plier la rue ?

Ce second round parlementaire risque bien au contraire de remobiliser les adversaires à la loi et pas seulement sur l'article 2, principal point de tension mis en avant, mais aussi mettre en relief certains reculs manifestes contenus dans la loi comme par exemple le rôle de la médecine du travail. Les avancées annoncées sont souvent creuses comme le compte de pénibilité mesure qui est pour l'instant sans substance pèsent finalement peu au regard des reculs actés par la loi. Paradoxalement, ce sera la première (et peut-être seule) fois où le texte sera soumis à un vote démocratique.

Certes la commission paritaire va sans doute contribuer à aplanir certaines aspérités sauf si la droite sénatoriale s'accroche à sa volonté de nuisance et décide d'entamer un bras de fer. C'est sûrement un texte bien difficile à avaler qui devrait donc revenir à l'Assemblée Nationale en seconde lecture. 
Sauf si le gouvernement décide de mettre de l'eau dans son vin et entendre une partie des revendications syndicales, on s'achemine donc vers une nouvelle épreuve de force au parlement avec la forte probabilité de l'usage du 49 ter. Ce qui revient à revenir pour le gouvernement mais aussi pour François Hollande qui s'est largement impliqué dans la loi à la case départ et a encore un peu plus creuser la fossé entre la gouvernance socialiste et sa base électorale.

Un échec qui se paiera sans doute en 2017, une échéance à laquelle on ne pourra opposer cette fois-ci l'outil du 49.3.



lundi 6 juin 2016

Et si François Hollande sacrifiait Valls...



Les mois passent et la situation en terme de popularité de François Hollande ne s'améliore pas si ce n'est qu'elle se dégrade.
Le quinquennat de François Hollande, c'est bien sûr une suite ininterrompue de rendez-vous ratés avec les Français, mais c'est aussi un tournant libéral incarné par la nomination à Matignon de Manuel Valls.

Valls, le mal-aimé de la primaire socialiste devenu zélé serviteur de François Hollande candidat puis président, n'a jamais fait l'unanimité au sein des socialistes qu'ils soient sympathisants, militants ou élus. Les multiples ruptures souvent provoquées par Manuel Valls n'ont cessé de fragiliser le président et de diviser le Parti.

L'attitude de Manuel Valls faite d'intransigeance et d'arrogance n'a cessé de contribuer à diviser, à opposer. Un dirigeant syndicaliste pourtant proche du PS en a dressé le portrait d'un sous-Sarkozy énervé, nul en économie et sourd au dialogue social.

Certains voudraient voir en la loi travail une simple difficulté passagère du quinquennat mais elle est plutôt révélatrice d'une véritable rupture de confiance entre les Français et un premier ministre qui ne parvient plus depuis des mois à convaincre, même au sein de son groupe parlementaire. Si les élus ne suivent pas ou traînent des pieds ce qui est sans nul doute le cas de la majorité d'entre eux, il est illusoire de convaincre le cercle de plus en plus restreint des militants, des sympathisants et des électeurs. 
Si Valls parvient à sortir de l'imbroglio de cette loi travail, les difficultés reviendront plus vite que prévu sur un autre sujet, même anodin, mettant encore en péril un peu plus la majorité socialiste.

La gestion calamiteuse de cette loi travail depuis le début illustre chaque jour un peu plus l'incapacité du premier ministre à dialoguer et à anticiper les problèmes. Dès le début, la présentation d'un texte provocateur en commission a contribué à mobiliser les adversaires au texte. L'utilisation du 49 ter a mis fin prématurément à la discussion parlementaire mais aussi syndicale qui aurait pu faire émerger des positions de compromis, y compris pour le passage en seconde lecture. 
Finalement, il n'y aura que bien peu de compromis pour cette adoption en première lecture ce qui laisse présager une situation encore plus tendue lors du passage en seconde lecture d'un texte lesté des inévitables amendements provocateurs d'un Sénat majoritairement à droite.

Cette gestion des affaires est désastreuse car elle offre l'image d'un président affublé d'un premier ministre crypto-rigide, sourd aux problèmes des français, indifférent aux multiples défaites électorales de la Gauche qui espère être réélu grâce à une hypothétique reprise économique - qui pourrait se faire sans effet sur l'emploi - et à la division de la droite qui le qualifierait face à Marine Le Pen. Pourtant, il exister une alternative à ce pari hasardeux qui ouvrirait de fait un boulevard à une droite revancharde et rétrograde.

Aujourd'hui, on ne voit pas comment François Hollande pourrait mobiliser à Gauche pour être qualifié au second tour sans donner des gages à la gauche de l'échiquier politique et social. Le seul moyen de déverrouiller la situation actuelle consisterait à se séparer de Valls et à entamer un tournant social, plus proche des aspirations sociales du François Hollande du Bourget.

jeudi 10 décembre 2015

Régionales : la carte qui fait peur à la droite

(source : Harris Interactive)

Cette carte explique mieux la panique perceptible à droite et la grande compréhension affichée par Nicolas Sarkozy vis à vis de l'électoral frontiste...

lundi 7 décembre 2015

Résistance rose en Seine-Saint-Denis

Parti arrivé en tête dans chaque département - 1er tour
(Source : Libération)

Non, il n'y a pas que le réduit breton à faire de la résistance à la vague brune et bleue mais il existe bien un petit village gaulois d'irréductibles roses situé dans le nord de la Gaule.
Avec près de 49 % des voix cumulées, la gauche démocratique menée par les socialistes et ses alliés font la course en tête devant la droite unie (21,38 %) malgré un contexte de forte abstention (63 %). Dans ce département pourtant populaire et défavorisé, le FN qui joue sur le rejet de l'autre et les peurs sécuritaires ne recueille que 20,03 %.

Encore une fois, le département de Claude Bartolone rescapé de la vague bleue de mars dernier grâce à l'union et la mobilisation des partis de la gauche démocratique fait preuve d'un grande résistance.

Il reste encore beaucoup à faire pour reconquérir un électorat peu mobilisé, souvent sans grande illusion quant à l'amélioration à court et moyen termes de leurs conditions de vie, de travail, d'éducation et de sécurité. Alors que de nombreuses villes sont tombées à droite en 2013, la population n'a plus trop d'illusion quant à cette droite UDI-LR qui n'ont eu de cesse d'appliquer des politiques locales rétrogrades et revanchardes sans grande portée d'avenir.

Le reconquête sera longue mais fort de son identité singulière et du potentiel de sa population, le département de Seine Saint Denis est encore capable de fait preuve de créativité et de développer un modèle prometteur d'une gauche unie et plurielle.

samedi 5 septembre 2015

1939 : la France accueille 500.000 réfugiés espagnols républicains

Le Perthius 1939 : les gendarmes submergés par le flot des réfugiés

C'était en 1939. La France forte de 41,5 millions d'habitants accueillait en catastrophe plus d'un demi-million de réfugiés espagnols fuyant les bombardements et les troupes franquistes.

En quelques semaines, le pays avec pourtant peu de moyens s'organisait pour absorber ce que les espagnols appeleront la Retirada.

Que sommes-nous en capacité de faire en 2015 ?