lundi 24 avril 2017

Hollande enfin seul



François Hollande est enfin seul. Son quinquennat commencé par une domination inégalée du Parti Socialiste se solde sur une défaite historique. Son mandat n'aura été qu'une suite de défaites électorales : élections municipales, sénatoriales, européennes, départementales,...défaites dont une poignée de frondeurs et des électeurs ignorants auraient été les initiateurs. Trahi par son ancien conseiller, puis poussé à ne pas se représenter par son second premier ministre, l'ancien premier secrétaire du Parti Socialiste participe à la défaite du candidat issu des primaires socialistes et à la victoire de son ancien protégé.
Il est enfin seul...

lundi 13 mars 2017

Les socialistes et En Marche : un dégoût de celui d'où naît la résistance (*)


"Lorsque les socialistes quittent le PS pour rallier la candidature de Macron, ils soutiennent un projet de droite, au prétexte qu'il est le seul à pouvoir vaincre le FN. Ce n’est pas seulement le libéralisme qui triomphe, c’est Marine Le Pen elle-même."

" Bertrand Delanoë ce mercredi matin sur France Inter, alors qu’un auditeur lui exprime sa déception après l'annonce de son ralliement à Emmanuel Macron :  «Je comprends qu’il puisse y avoir un malaise.» Non monsieur, ce n’est pas un malaise. C’est du dégoût.
À la vue de ces «socialistes», à qui l’on a fait confiance tant de fois, fuyant lâchement vers celui qui leur promet une victoire possible, quoique très hypothétique, j’éprouve le même dégoût que face à François Fillon dimanche haranguant la foule de la manif pour tous sous la pluie du Trocadéro.
Lâcheté d’un côté, obstination de l’autre, partout le même aveuglement, partout le sentiment d’assister à une tragédie trop vite écrite.
En entendant Bertrand Delanoë ce matin, j’ai pensé : Marine Le Pen a déjà gagné. Cessons d’en faire une menace comme les adolescents se font peur en regardant des films d’horreur. Ça n’est plus une menace, c’est le réel qui est le nôtre, chaque jour un peu plus.
Elle a gagné car le discours qu’elle porte a contaminé l’ensemble de la vie politique française. Elle a gagné car le seul candidat dont on nous assure aujourd’hui qu’il pourrait la battre nous explique que la gauche et la droite ne valent plus rien, qu’il faut «enjamber» les partis.
Lorsque les socialistes quittent le PS pour rejoindre En Marche, ils soutiennent un projet de droite (qui ne dit pas tout à fait son nom), au prétexte qu’il est le seul à pouvoir vaincre le FN. Ce n’est pas seulement le libéralisme qui triomphe, c’est Marine Le Pen elle-même, qui est donc à l’origine de tout ce qui se passe dans cette campagne.
Si l’on prend dès aujourd’hui conscience de ce triomphe, il n’y a qu’une chose à faire: résister. Personne n’a jamais résisté en fuyant, en faisant preuve de lâcheté, en décidant de suivre celui qui peut gagner pour la seule raison qu’il puisse gagner. On ne peut résister qu’en acceptant d’être en minorité, qu’en renforçant ses convictions les plus profondes qu’en forçant le trait, au lieu de le gommer.
Messieurs les socialistes, vous qui rejoignez Emmanuel Macron et vous qui allez le rejoindre, vous gommez toutes les convictions de gauche que votre parti, que notre pays, ont mis des siècles à fonder, vous reniez la justice sociale, le sens de la loyauté. Vous bradez la fidélité sur l’autel de la majorité. Si les temps n’étaient pas si graves, je dirais que c’est un crime électoral : vous salissez nos votes. Pourtant, je voterai PS en avril, je soutiendrai celui qui a encore le courage de se dire socialiste, et qui ne compte pas seulement sur notre peur de Le Pen pour être élu. Au premier tour en tout cas, je refuse de voter en tremblant pour le candidat en tête des sondages.
Non Monsieur Delanoë, ce n’est pas un malaise, c’est du dégoût de celui d’où naît parfois la résistance. "


(*) Tribune publiée dans Libération par Léa Veinstein philosophe et documentariste

jeudi 26 janvier 2017

Une nouvelle espèce de politiciens : les Macronlistes


Emmanuel Macron et Gérard Collomb

Avant même le second tour des primaires citoyennes, les grandes manœuvres battent leur plein au sein même du Parti Socialiste.
Suite au départ de François Mitterrand, les différents congrès du PS n'ont jamais su arbitrer, ni réconcilier les deux ailes du parti, avec d'un côté une gauche socialiste et de l'autre un centre-gauche réformateur. La notion de motion majoritaire, sorte de deal entre éléphants du PS, avait permis de sauver les apparences. François Hollande, pourtant homme d'appareil roublard et avisé (il a été premier secrétaire pendant près de onze années !), n'a su maintenir la cohésion au sein du PS pendant son quinquennat, ni même trancher, si ce n'est qu'en contribuant à placer Emmanuel Macron en orbite.

Malgré un calendrier réduit taillé sur mesure pour le président sortant, ces primaires se sont déroulées au mieux avec une bonne organisation certes perfectible et des débats d'un bon niveau et dans une atmosphère de respect mutuel.
Pour ce second tour opposant Manuel Valls à Benoît Hamon, on retrouve le clivage interne du parti, ce qui est somme toute normal.
Sans préjugé du résultats de dimanche prochain, le PS élargi à ses plus proches alliés aura un candidat officiel, celui issu de ces primaires.


Hélas, certains s'activent déjà en sous-main prêts à refuser le verdict populaire pour aller rejoindre et soutenir Emmanuel Macron comme si on pouvait s'inscrire dans le principe de ces primaires le dimanche matin et le rejeter le dimanche soir.


D'autres ont allègrement franchi le pas, comme Gérard Collomb, le maire de Lyon et de nombreux cadres de la Fédération du Rhône, y compris le premier fédéral chargé théoriquement de l'organisation de ces primaires. L'exemple de Lyon est le plus connu mais la presse cite déjà des noms de figures du PS qui préparent leur reconversion au bougisme macroniste.


Je suis choqué par l'attitude des macronlistes, ces politiciens qui ont pu faire leur trou grâce à l'appareil militant et aux sympathisants socialistes et qui quand le ciel s'assombrit renient leur propre parti pour tenter de sauver les meubles auprès d'Emmanuel Macron, un candidat ni de droite, ni de gauche et sans programme.


Cette négation du vote populaire et du soutien passé et présent du parti est scandaleuse car elle nourrit encore une fois l'idée que les élus ne tiendraient leur légitimité que d'eux-même et pas d'un collectif militant ou citoyen.


Le macronliste est sans nul doute un des pires vestiges d'une pratique politique obsolète.



mardi 14 juin 2016

Loi travail : la droite sénatoriale enfonce le clou



Comme je l'annonçait dans mon précédent post, c'est avec un plaisir non dissimulé que la droite sénatoriale majoritaire s'empare de la loi dite Travail pour l'assaisonner à la sauce ultralibérale parachevant le travail de sape du pacte social initié par les têtes pensantes du ministère du travail.

Et les sénateurs vont s'y donner à fond avec déjà au menu la suppression des 35 heures ou encore du compte pénibilité. Les sénateurs de droite n'ont bien sûr aucune illusion sur l'issue de propositions mais entendent bien se servir de leur position de force pour affaiblir un peu plus le gouvernement de Manuel Valls et de facto François Hollande. 
Pour sa part, le gouvernement compte sur la potion amère pondue par le Sénat pour faire passer en seconde lecture son texte. Sauf qu'un texte dont certains articles sont fondamentalement et viscéralement inacceptables pour une grande majorité de la Gauche et des syndicats y compris dits réformistes a peu de chance d'être acceptée.
En mai, les spin-doctors de l'exécutif avaient aussi prévus un rapide essoufflement de la mobilisation qui même si elle a bien faibli est toujours présente. Les rodomontades et exhortations de Manuel Valls sont restées vaines et sans effet. Comment celui qui n'a su convaincre le cercle restreint de ses propres députés socialistes pourrait faire plier la rue ?

Ce second round parlementaire risque bien au contraire de remobiliser les adversaires à la loi et pas seulement sur l'article 2, principal point de tension mis en avant, mais aussi mettre en relief certains reculs manifestes contenus dans la loi comme par exemple le rôle de la médecine du travail. Les avancées annoncées sont souvent creuses comme le compte de pénibilité mesure qui est pour l'instant sans substance pèsent finalement peu au regard des reculs actés par la loi. Paradoxalement, ce sera la première (et peut-être seule) fois où le texte sera soumis à un vote démocratique.

Certes la commission paritaire va sans doute contribuer à aplanir certaines aspérités sauf si la droite sénatoriale s'accroche à sa volonté de nuisance et décide d'entamer un bras de fer. C'est sûrement un texte bien difficile à avaler qui devrait donc revenir à l'Assemblée Nationale en seconde lecture. 
Sauf si le gouvernement décide de mettre de l'eau dans son vin et entendre une partie des revendications syndicales, on s'achemine donc vers une nouvelle épreuve de force au parlement avec la forte probabilité de l'usage du 49 ter. Ce qui revient à revenir pour le gouvernement mais aussi pour François Hollande qui s'est largement impliqué dans la loi à la case départ et a encore un peu plus creuser la fossé entre la gouvernance socialiste et sa base électorale.

Un échec qui se paiera sans doute en 2017, une échéance à laquelle on ne pourra opposer cette fois-ci l'outil du 49.3.



lundi 6 juin 2016

Et si François Hollande sacrifiait Valls...



Les mois passent et la situation en terme de popularité de François Hollande ne s'améliore pas si ce n'est qu'elle se dégrade.
Le quinquennat de François Hollande, c'est bien sûr une suite ininterrompue de rendez-vous ratés avec les Français, mais c'est aussi un tournant libéral incarné par la nomination à Matignon de Manuel Valls.

Valls, le mal-aimé de la primaire socialiste devenu zélé serviteur de François Hollande candidat puis président, n'a jamais fait l'unanimité au sein des socialistes qu'ils soient sympathisants, militants ou élus. Les multiples ruptures souvent provoquées par Manuel Valls n'ont cessé de fragiliser le président et de diviser le Parti.

L'attitude de Manuel Valls faite d'intransigeance et d'arrogance n'a cessé de contribuer à diviser, à opposer. Un dirigeant syndicaliste pourtant proche du PS en a dressé le portrait d'un sous-Sarkozy énervé, nul en économie et sourd au dialogue social.

Certains voudraient voir en la loi travail une simple difficulté passagère du quinquennat mais elle est plutôt révélatrice d'une véritable rupture de confiance entre les Français et un premier ministre qui ne parvient plus depuis des mois à convaincre, même au sein de son groupe parlementaire. Si les élus ne suivent pas ou traînent des pieds ce qui est sans nul doute le cas de la majorité d'entre eux, il est illusoire de convaincre le cercle de plus en plus restreint des militants, des sympathisants et des électeurs. 
Si Valls parvient à sortir de l'imbroglio de cette loi travail, les difficultés reviendront plus vite que prévu sur un autre sujet, même anodin, mettant encore en péril un peu plus la majorité socialiste.

La gestion calamiteuse de cette loi travail depuis le début illustre chaque jour un peu plus l'incapacité du premier ministre à dialoguer et à anticiper les problèmes. Dès le début, la présentation d'un texte provocateur en commission a contribué à mobiliser les adversaires au texte. L'utilisation du 49 ter a mis fin prématurément à la discussion parlementaire mais aussi syndicale qui aurait pu faire émerger des positions de compromis, y compris pour le passage en seconde lecture. 
Finalement, il n'y aura que bien peu de compromis pour cette adoption en première lecture ce qui laisse présager une situation encore plus tendue lors du passage en seconde lecture d'un texte lesté des inévitables amendements provocateurs d'un Sénat majoritairement à droite.

Cette gestion des affaires est désastreuse car elle offre l'image d'un président affublé d'un premier ministre crypto-rigide, sourd aux problèmes des français, indifférent aux multiples défaites électorales de la Gauche qui espère être réélu grâce à une hypothétique reprise économique - qui pourrait se faire sans effet sur l'emploi - et à la division de la droite qui le qualifierait face à Marine Le Pen. Pourtant, il exister une alternative à ce pari hasardeux qui ouvrirait de fait un boulevard à une droite revancharde et rétrograde.

Aujourd'hui, on ne voit pas comment François Hollande pourrait mobiliser à Gauche pour être qualifié au second tour sans donner des gages à la gauche de l'échiquier politique et social. Le seul moyen de déverrouiller la situation actuelle consisterait à se séparer de Valls et à entamer un tournant social, plus proche des aspirations sociales du François Hollande du Bourget.

jeudi 10 décembre 2015

Régionales : la carte qui fait peur à la droite

(source : Harris Interactive)

Cette carte explique mieux la panique perceptible à droite et la grande compréhension affichée par Nicolas Sarkozy vis à vis de l'électoral frontiste...

lundi 7 décembre 2015

Résistance rose en Seine-Saint-Denis

Parti arrivé en tête dans chaque département - 1er tour
(Source : Libération)

Non, il n'y a pas que le réduit breton à faire de la résistance à la vague brune et bleue mais il existe bien un petit village gaulois d'irréductibles roses situé dans le nord de la Gaule.
Avec près de 49 % des voix cumulées, la gauche démocratique menée par les socialistes et ses alliés font la course en tête devant la droite unie (21,38 %) malgré un contexte de forte abstention (63 %). Dans ce département pourtant populaire et défavorisé, le FN qui joue sur le rejet de l'autre et les peurs sécuritaires ne recueille que 20,03 %.

Encore une fois, le département de Claude Bartolone rescapé de la vague bleue de mars dernier grâce à l'union et la mobilisation des partis de la gauche démocratique fait preuve d'un grande résistance.

Il reste encore beaucoup à faire pour reconquérir un électorat peu mobilisé, souvent sans grande illusion quant à l'amélioration à court et moyen termes de leurs conditions de vie, de travail, d'éducation et de sécurité. Alors que de nombreuses villes sont tombées à droite en 2013, la population n'a plus trop d'illusion quant à cette droite UDI-LR qui n'ont eu de cesse d'appliquer des politiques locales rétrogrades et revanchardes sans grande portée d'avenir.

Le reconquête sera longue mais fort de son identité singulière et du potentiel de sa population, le département de Seine Saint Denis est encore capable de fait preuve de créativité et de développer un modèle prometteur d'une gauche unie et plurielle.

samedi 5 septembre 2015

1939 : la France accueille 500.000 réfugiés espagnols républicains

Le Perthius 1939 : les gendarmes submergés par le flot des réfugiés

C'était en 1939. La France forte de 41,5 millions d'habitants accueillait en catastrophe plus d'un demi-million de réfugiés espagnols fuyant les bombardements et les troupes franquistes.

En quelques semaines, le pays avec pourtant peu de moyens s'organisait pour absorber ce que les espagnols appeleront la Retirada.

Que sommes-nous en capacité de faire en 2015 ?

samedi 18 juillet 2015

Le maire LR du Blanc Mesnil s'identifie à Titi Gnangnan


Vous connaissez peut-être les aventures de Titi Gnangnan, maire fictif de la non moins fictive ville d'Alba Ville. Le personnage principal de ce comic strip quotidien est un maire nouvellement élu supposé de droite dont les principaux atouts est d'être entre autres arrogant, démagogue, combinard, populiste et népotiste. Bref, le genre de personnage en lequel aucun élu ne souhaite se reconnaître.
Et pourtant, Thierry Meignen, maire de la ville du Blanc Mesnil semble vouloir s'identifier à ce personnage fictif odieux et a demandé la protection fonctionnelle en conseil municipal (voir ci-dessous) pour attaquer l'auteur de ce comic strip.




































Bien sûr, nous ne pouvons que défendre la liberté de parole et de dessin de cet auteur de talent et condamner l'attitude de cet élu qui utilise les fonds publics au travers de la protection fonctionnelle pour défendre un égo bien mal placé...

lundi 6 juillet 2015

Grèce : petit pays, grand gouvernement


Alors que le Grexit semble de plus en plus proche suite au référendum de ce dimanche, les grecs ne semblent pas vouloir renoncer aux mauvaises habitudes. En plus d'Alexis Tsipras, le gouvernement grec compte pas moins de 40 ministres, ministres adjoints et secrétaires d'état. La France, un mauvais élève européen, compte 33 ministres et secrétaires d'état.

A noter que le cabinet Merkel III compte 17 membres, Angela comprise !

vendredi 3 juillet 2015

Le lettre de Julian Assange à François Hollande (*)

Monsieur le président de la République, j’ai l’honneur de vous écrire et, à travers vous, de m’adresser au peuple français. 
Mon nom est Julian Paul Assange. Je suis né le 3 juillet 1971 à Townsville, en Australie. Je suis un journaliste poursuivi et menacé de mort par les autorités états-uniennes du fait de mes activités professionnelles. Je n’ai jamais été formellement accusé d’un délit ou d’un crime de droit commun, nulle part dans le monde, y compris en Suède ou au Royaume-Uni. 
Je suis le fondateur de WikiLeaks. 
En avril 2010, je décide de publier une vidéo intitulée " Collateral murder ". Celle-ci montre le massacre de plusieurs civils, dont deux employés de Reuters, et les graves blessures de plusieurs enfants par des soldats états-uniens en Irak. Les images, filmées depuis un hélicoptère, sont difficilement soutenables. Elles s’accompagnent des rires et des commentaires sarcastiques de ceux qui sont en train de commettre ces crimes. Elles font le tour du monde et révèlent brutalement l’inhumanité d’une guerre qui a déjà fait plusieurs centaines de milliers de victimes. 
Dès le lendemain, à travers des menaces de mort précises et ciblées, une persécution politique d’une ampleur inédite est lancée contre moi et les principaux employés de WikiLeaks. Elle n’a, depuis, jamais cessé. L’énumération des actions menées contre mon organisation, mes proches et moi-même ne permet pas d’en saisir toute la violence, mais peut-être en donne-t-elle une idée : appels à mon exécution, à mon kidnapping, et à mon emprisonnement pour espionnage par de hauts responsables politiques et administratifs états-uniens, vols d’informations, de documents et de biens, attaques informatiques répétées, infiltrations successives, interdiction illégale à l’ensemble des plateformes de paiement de procéder à des dons envers mon organisation, surveillance permanente de mes moindres faits et gestes et de mes communications électroniques, poursuites judiciaires inconsidérées se prolongeant depuis plus de cinq ans sans possibilité de me défendre, campagnes de diffamation, menaces physiques répétées, fouilles et harcèlement de mes avocats, etc. 
Deux autres cas : Jérémie Zimmermann et Jacob Appelbaum 
WikiLeaks, que j’ai fondé en 2006, avait déjà auparavant révélé de nombreux scandales majeurs de corruption, de violations des droits fondamentaux, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Nous avions pour cela reçu notamment un prix d’Amnesty international et des dizaines d’autres prix journalistiques d’autres organisations prestigieuses, dont cinq nominations successives au prix Nobel de la paix et, plus récemment, cinq nominations au prix Mandela des Nations unies (ONU), créé cette année. 
Pourtant, cette vidéo a marqué un avant et un après dans ma vie, mais aussi dans celle de tous ceux qui s’y sont impliqués. Un citoyen français notamment, Jérémie Zimmermann, remercié dans le générique de la vidéo, a fait l’objet de menaces de la part de deux agents du FBI dans le but d’en faire un infiltré, et n’a jamais pu revenir sur le territoire américain malgré ses besoins professionnels. Il en est allé de même pour d’autres journalistes qui, malgré leur nationalité états-unienne, n’ont plus jamais pu revenir sur leur propre territoire pour retrouver leurs proches, et font l’objet depuis de poursuites judiciaires pour espionnage. Jacob Appelbaum, pour s’être présenté comme un défenseur de Wikileaks, a fait l’objet de toute une série de violences et d’intimidations, notamment à son domicile, où sont entrés un jour en pleine nuit des hommes masqués et menaçants, laissant sa compagne durablement marquée. 
Au pic de cette campagne, plus de 120 employés étaient chargés, au sein de la dite « WikiLeaks War Room » du Pentagone américain, de coordonner cette offensive contre moi et mon organisation. Les preuves ont été depuis apportées qu’un grand jury secret, portant notamment des accusations d’espionnage à mon encontre, a été formé en 2010, et n’a jamais cessé d’agir depuis. 
L’ampleur de ce dispositif n’aurait guère pu être imaginée par un esprit paranoïaque. Une douzaine d’agences états-uniennes y participent officiellement, incluant le Pentagone, la Defence Intelligence Agency, la CIA, le FBI, l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA), le ministère de la justice et le département d’État. D’autres le font de façon plus secrète, comme cela a été révélé récemment suite à une enquête parlementaire en Islande. Ces persécutions sont pourtant bien réelles. Elles ont été documentées par une infinité d’organisations, fait l’objet de rapports internationaux et de décisions judiciaires, ont été substantiellement admises par les autorités concernées, et souvent même revendiquées. Érigées en véritable politique par le gouvernement états-unien, elles se sont depuis étendues au-delà de mon cas et de WikiLeaks : l’administration Obama a ainsi poursuivi plus de journalistes et de sources lors de ses deux mandats successifs que tous les gouvernements états-uniens précédents réunis.
Les poursuites ne m’ont pas fait taire
Pour le simple fait d’avoir publié des informations d’intérêt public que des sources anonymes avaient transmises à WikiLeaks, je suis personnellement poursuivi pour espionnage, conspiration visant à espionner, vol ou compromission de propriété du gouvernement états-unien, violation de la loi sur la fraude informatique, et conspiration générale, risquant pour cela l’emprisonnement à vie ou pire. Les Etats-Unis ont depuis étendu leur enquête pour y inclure l’assistance que j’aurai offerte à M. Snowden pour préserver sa vie et lui faire obtenir l’asile ; et il en est, selon plusieurs sources journalistiques, déjà de même en ce qui concerne les publications des FranceLeaks concernant les écoutes qui vous ont touché, Monsieur le président. 
Ces poursuites ont été et continuent d’être menées contre moi parce que j’ai, un jour, décidé de ne pas garder le silence, et de révéler les preuves de commissions de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Elles ne m’ont pas fait taire, et j’ai depuis, entre de nombreuses autres publications, documenté précisément la mort de centaine de milliers de civils à travers les Iraq War Logs. Par ces révélations, je montrais notamment, à travers un télégramme diplomatique états-unien, comment une famille irakienne avait été exécutée à bout portant par une patrouille américaine lors d’un contrôle de routine, avant que ce crime contre l’humanité ne soit volontairement « effacé » par une frappe aérienne. Selon le premier ministre irakien Nouri Al-Maliki, ce fut cette affaire qui l’amena à exiger la levée de l’immunité des troupes états-uniennes et, après leur refus, à provoquer in fine le départ de ces soldats. 
L’ensemble des publications de WikiLeaks depuis 2006 ont fait l’objet d’une infinité de rapports et de décisions provenant d’organisations internationales et non gouvernementales, de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) aux rapporteurs spéciaux des Nations unies en passant par de nombreux groupes de travail indépendants. Elles ont permis de lever le voile sur des milliers de crimes et sur des pratiques qui auraient autrement été couvertes. Qui seraient autrement restées impunies. 
Cinq mètres carrés et demi 
Les persécutions qui s’en sont suivies m’ont forcé à demander l’asile au sein de l’ambassade d’Equateur à Londres, en juin 2012, pour éviter une extradition vers les Etats-Unis qui devenait à chaque heure plus probable. Après deux mois d’étude approfondie, le ministère des affaires étrangères de l’Équateur a considéré que la persécution qui était menée à mon encontre du fait de mes croyances et de mes activités politiques était réelle, et que les risques d’extradition vers les Etats-Unis ainsi que les mauvais traitements qui s’en suivraient étaient majeurs. J’ai depuis reçu la confirmation informelle que les poursuites menées aux Etats-Unis étaient réelles et avaient débouché sur un acte d’accusation formel maintenu pour l’instant sous scellés. 
Dénué de l’assistance consulaire et de la protection que me devait mon pays d’origine, l’Australie – où le gouvernement a été sujet à des critiques d’une ampleur inédite suite à sa tentative de me retirer mon passeport en 2010, jusqu’à devoir faire marche arrière et se justifier –, je demeure depuis maintenant trois ans et dix jours au sein de cette ambassade. 
J’y dispose de cinq mètres carrés et demi pour mes usages privatifs. L’accès à l’air libre, au soleil, m’a été interdit par les autorités du Royaume-Uni ; ainsi que toute possibilité de me rendre à un hôpital ; je n’ai pu utiliser le balcon du rez-de-chaussée de l’appartement que trois fois depuis mon refuge, à mes risques et périls, et n’ai jamais été autorisé à sortir pour faire de l’exercice. 
L’Equateur, dont la générosité et le courage m’honorent et m’ont probablement sauvé la vie, n’a pour ambassade qu’un appartement utilisé par une dizaine de diplomates et fonctionnaires de support qui ne peuvent renoncer à leur mission. Loin de l’image de luxe généralement associée aux enceintes diplomatiques, il s’agit d’un espace modeste qui n’a pas été pensé pour devenir un lieu de vie. Il m’y a été impossible, depuis trois ans, de maintenir la moindre vie familiale ou intime. Cet espace est en permanence surveillé par plusieurs douzaines de policiers britanniques en uniforme qui vérifient régulièrement les identités de mes visiteurs, ainsi que par un nombre indéterminé d’agents en civil et d’agents de renseignement au sein des bâtiments adjacents. Les dépenses concernant la surveillance civile dont je fais l’objet ont dépassé, officiellement, les quinze millions d’euros. Elles n’incluent pas celles des services secrets. 
Mes proches, y compris mes enfants, n’ont pas pu me rendre visite depuis, du fait de cette situation. 
Le Royaume-Uni refuse de reconnaître mon asile et de garantir ma non-extradition aux Etats-Unis, violant la convention de 1951, et se refuse par ailleurs à confirmer ou à infirmer la réception d’une demande d’extradition de la part des Etats-Unis d’Amérique. Il en va de même pour le gouvernement suédois qui, à l’ONU, a refusé de garantir ma non-extradition dans le cas où je m’y rendrais. La Suède comme le Royaume-Uni ont annoncé à plusieurs reprises qu’ils demanderaient mon arrestation dès que je sortirai de l’ambassade, ces derniers le réaffirmant « quel que soit le résultat de l’enquête suédoise ». 
Cela, alors que je n’ai été formellement accusé d’aucun crime ni délit dans aucun des deux pays. 
Depuis quatre ans et demi, soixante organisations internationales ont appelé, depuis l’ONU, à la fin des poursuites en Suède, tandis que le groupe de travail sur la détention arbitraire de l’institution s’est saisi de la question. Malgré les injonctions de la Cour suprême et du procureur général visant à l’abandon de l’enquête préliminaire – relancée en 2010 après avoir été dans un premier temps abandonnée – aucun acte d’accusation formel à mon encontre ni d’acte d’enquête n’a été mené en cinq ans. L’émission d’un mandat d’arrêt européen avait pour seul objectif de m’interroger en Suède, alors que je m’étais volontairement rendu dans à Stockholm à cette fin, et y était resté cinq semaines consécutives. Je n’avais alors jamais obtenu de réponse à mes demandes répétées de rencontre avec les autorités judiciaires suédoises. 
Ma vie est aujourd’hui en danger. 
WikiLeaks a été créé avec l’objectif d’enquêter sur les appareils politiques, économiques et administratifs du monde entier pour y apporter de la transparence et s’assurer qu’ils n’échappent pas à un contrôle démocratique et souverain. L’organisation a révélé des millions de documents touchant la quasi-totalité des Etats du monde, sans distinction de régime ou d’idéologie. Elle permet à tout individu qui aurait connaissance de pratiques illégales ou intéressant le bien commun de nous les transmettre en toute sécurité, et de façon parfaitement anonyme. Ces informations sont ensuite vérifiées par nos journalistes et par des spécialistes, puis organisées et triées avant d’être publiées de par le monde, éventuellement en partenariat avec d’autres organes de presse prestigieux. 
Financée par des dons récurrents, mon organisation a inventé une nouvelle forme de journalisme qui lui a permis de révéler plus d’une centaine de scandales d’ampleur mondiale en seulement neuf ans d’existence. Les activités de WikiLeaks ont inspiré de nombreuses autres organisations de presse, humanitaires, environnementales, etc. qui ont imité nos structures et nos pratiques. Malgré toutes les difficultés liées à ma surveillance permanente au sein de l’ambassade, les écoutes systématiques mises en place par la NSA contre les élites politiques, économiques et administratives de la France et de l’Allemagne sont le dernier exemple de la capacité de l’organisation à publier des informations cruciales pour préserver la souveraineté la vie démocratique des Etats. 
L’ampleur du scandale et les réactions qui ont suivi nos dernières révélations ont confirmé le bien-fondé de notre démarche. La condamnation unanime par la classe politique et les sociétés civiles françaises et allemandes des actions commises par le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni, ainsi que les appels qui ont suivi à une révision des politiques françaises sur la question de la défense des lanceurs d’alerte et de la presse, alors que l’attentat contre Charlie Hebdo reste présent dans les esprits, ont constitué d’importants encouragements. 
Ces révélations ont été faites au péril de notre vie. 
La France accomplirait un geste humanitaire 
C’est pourquoi j’ai été particulièrement touché par l’appel inattendu du gouvernement français, par la voie de la ministre de la justice et garde des sceaux Christiane Taubira, et relayé par des dizaines d’autres personnalités, à ce que la France me donne l’asile. Gardienne d’une constitution qui oblige la France à accueillir les combattants pour la liberté menacés de leur vie, d’une constitution qui oblige le monde de par la noblesse d’une telle exigence, elle a ouvert une voie qui, je l’espère, ne se refermera pas. 
En m’accueillant, la France accomplirait un geste humanitaire mais aussi probablement symbolique, envoyant un encouragement à tous les journalistes et lanceurs d’alerte qui, de par le monde, risquent leur vie au quotidien pour permettre à leurs concitoyens de faire un pas de plus vers la vérité. 
Elle enverrait aussi un signal à tous ceux qui, de par le monde, saisis par l’hubris, trahissent leurs valeurs en s’attaquant incessamment aux citoyens qui s’y refusent. 
La France a longtemps été porteuse d’espérance et de singularité pour de nombreux peuples et individus de par le monde. Ses mythes nourrissent encore aujourd’hui bien des enfances. Mes liens avec ce pays ne sont pas seulement idéels. De 2007 jusqu’à la perte de ma liberté en 2010, j’y ai résidé. Nos structures techniques y sont encore installées. 
Mon plus jeune enfant et sa mère sont français. Je n’ai pas pu les voir depuis maintenant cinq ans, depuis que la persécution politique à mon égard a commencé. La situation présente leur cause d’immenses difficultés. J’ai dû garder leur existence secrète jusqu’à aujourd’hui dans le but de les protéger. J’ai aujourd’hui l’espoir que la situation et l’appui dont je bénéficie permettront de le protéger. Mon fils aîné, aujourd’hui adulte, et à ma mère, en Australie, subissent en effet encore aujourd’hui les conséquences de ma situation. Les menaces de mort, le harcèlement, y compris venant de personnes ayant des liens avec l’appareil militaire états-unien, ont commencé au même moment qu’émergeaient les appels à mon assassinat. Ils ont dû changer d’identité et réduire leurs échanges avec moi. 
Je ne souhaite plus subir cette situation. Je souhaite les retrouver. 
Persécutions politiques 
Ma vie est aujourd’hui en danger, Monsieur le président, et mon intégrité, physique comme psychologique, est, chaque jour qui passe, un peu plus menacée. 
Tandis que je faisais tout pour préserver la vie d’Edward Snowden, plusieurs employés britanniques de WikiLeaks devaient s’exiler à Berlin, en Allemagne. Tandis que nous révélions le scandale des écoutes de la NSA en France, des responsables politiques du Royaume-Uni admettaient que le siège autour de l’ambassade équatorienne était dû à la pression états-unienne. Tandis que nous créions une fondation d’appui aux lanceurs d’alerte, Courage Foundation, l’administration états-unienne multipliait les poursuites contre les journalistes et leurs sources, poursuites atteignant une intensité inédite dans l’histoire de ce pays. Tandis que Chelsea Manning était condamnée à 35 ans de prison pour avoir été supposément ma source et révélé un nombre incalculable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, après avoir été soumise à des traitements inhumains selon le rapporteur spécial de l’ONU, je continuais mon travail avec l’organisation de WikiLeaks pour m’assurer qu’aucune source ne pourrait jamais être identifiée du fait de ses liens avec mon travail, ce qui a jusqu’ici été fait avec succès. 
Seule la France se trouve aujourd’hui en mesure de m’offrir la protection nécessaire contre, et exclusivement contre, les persécutions politiques dont je fais aujourd’hui l’objet. En tant qu’Etat membre de l’Union européenne, en tant que pays engagé par toute son histoire dans la lutte pour les valeurs que j’ai faites miennes, en tant que cinquième puissance mondiale, en tant que pays qui a marqué ma vie et qui en accueille une partie, la France peut, si elle le souhaite, agir. 
Respectueusement, 
Julian Assange

Né en Australie en 1971, Julian Paul Assange est journaliste et fondateur en 2006 du site WikiLeaks, qui a publié, en 2010, 500 000 documents classés secret-défense sur l’Irak et l’Afghanistan et 250 000 communications diplomatiques. Recherché par la justice américaine, il fait aussi l’objet d’une enquête pour viol et agression sexuelle en Suède pour des faits remontant à août 2010. Mais il refuse de se soumettre au mandat d’arrêt européen. Le 11 mai 2015, la Cour suprême de Suède a rejeté son appel. S’il se rend en Suède, il estime qu’il risque d’être extradé vers les Etats-Unis. Depuis juin 2012, il a obtenu l’asile au sein de l’ambassade d’Equateur à Londres. 

(*) Cette lettre a été publiée dans l'édition en ligne du 3 juillet 2015 du quotidien Le Monde.

lundi 29 juin 2015

La guerre de civilisation, le dérapage de Valls

« Nous ne pouvons pas perdre cette guerre parce que c’est au fond une guerre de civilisation. C’est notre société, notre civilisation, nos valeurs que nous défendons »
La petite phrase de prononcée par Manuel Valls fait à juste titre débat. Elle reprend la vieille rhétorique des droites extrêmes qui voudrait qu'il y ait un choc des civilisations entre un Occident supposé chrétien et une civilisation islamique supposée vouloir la mort de notre mode de vie. Cet Occident chrétien, vieux fantasme des droites extrêmes européennes, n'existe que dans le cadre d'une opposition supposée à un ennemi commun : hier le judaïsme et le communisme, aujourd'hui l'Islam.

Le terme même de civilisation est ici très mal approprié dans les circonstances actuelles pour désigner une infime minorité agissante à la barbarie repoussante et sans limite.
Hier avec le fameux discours de Dakar de Nicolas Sarkozy, le terme de civilisation est aujourd'hui utilisé à mauvais escient. Quant au principe de guerre de civilisation, il est vraiment inadéquat sauf à s'inscrire dans une rhétorique et une idéologie extrémistes. 

A ce que je sache, nous sommes en guerre que contre quelques groupuscules obscurantismes, pas contre un ensemble hétéroclite d'états ou de peuples, ou une très large communauté de croyants.

Les mots ont un sens et je partage le malaise de certains à gauche face à un discours guerrier et simpliste peu respectueux de la réalité et excluant de fait une partie de nos concitoyens...

jeudi 11 juin 2015

Valls : se noie au milieu du guet



Il a beau jouer l'accablement et la victime expiatoire, Manuel Valls a bien fait un grosse connerie. D'ailleurs, ses petits camarades du gouvernement le savaient avant même son départ de Poitiers. Selon Le Canard Enchaîné, "Yves Colmou (son conseiller politique, ndlr)Jean-Christophe Cambadélis et Jean-Marie Le Guen avaient, tour à tour, essayé de le dissuader d’entreprendre ce voyage". Même François Hollande, s'en est ému : " Manuel est gonflé d'agir ainsi ".
Et Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères de renchérir : " L'exercice de l'Etat n'est pas le bon plaisir ".
Manuel Valls a bien utilisé les moyens de l'Etat mis à sa disposition de part sa fonction de premier ministre pour effectuer un voyage privé entre le Congrès Socialiste de Poitiers et un match de football à Berlin.

A l'heure où il impose une austérité sans précédent sur les services publiques, les collectivités locales et les organismes sociaux, la révélation de ce voyage est dévastatrice. 
Bien plus, Manuel Valls continue à s'accrocher au caractère officiel de sa visite berlinoise tentant de circonscrire le feu médiatique à la seule présence de ses enfants.

Monsieur Valls oublie qu'il est le représentant d'un parti de Gauche porteur d'une culture diamétralement opposée à celle d'un Nicolas Sarkozy. Alors qu'à droite, des Sarkozy ou des Balkany peuvent abuser des moyens offerts par leurs fonctions sans susciter l’opprobre de leur famille politique, il en est pas de même à Gauche comme en témoigne la très récente et douloureuse affaire Cahuzac.

Aujourd'hui, Manuel Valls persiste dans l'erreur et l'aveuglement. Jusqu'où ira sa descente aux enfers ?

samedi 16 mai 2015

A Aulnay-sous-Bois, Séverine Maroun s'essaye au Taubira Bashing

La société du non-droit de Madame Taubira
Les chiffres sont tombés. Il y a une baisse du nombre de détenus en France, surprise ! Est-ce pour autant que la délinquance recule ? Non, elle n’a jamais été aussi haute. Les prisons se vident, mais ce n’est pas suite à une diminution du nombre de délinquants, de criminels.
Les policiers peuvent accomplir un formidable travail sur le terrain mais si l’autre bout de la chaîne pénale ne fonctionne pas correctement, le système se bloque et libère les délinquants après quelques heures en garde à vue comme en Seine-Saint-Denis. Je suis outrée. Je suis scandalisée.
Nos forces de l’ordre, nos policiers, municipaux et nationaux, vont partout. Mais le problème n’est pas là, le problème aujourd’hui, c’est la justice.Ce mois-ci, dans notre ville, un gros trafiquant a été interpellé par les services de police. 28 kilos de cannabis ont été saisis. 28 kilos ! Le lendemain, il repartait libre. Être trafiquant de drogue, d’armes, c’est avant tout être un marchand de mort. Mais aujourd’hui, la justice de mon pays, la France, préfère la culture de l’excuse. Non, il faut arrêter ça Madame Taubira : rien n’est excusable en matière de délinquance
Cette société du non-droit est la conséquence directe de la politique de Madame Taubira. Retenez ce nom. Cette dame vide nos prisons et prépare une société où la règle est devenue une mesure abstraite et ringarde. Alors, oui, je suis outrée et scandalisée. Car derrière, qui subit ? Ce sont les personnes que je croise tous les jours dans le cadre de ma délégation. Celles qui subissent sans rien dire. Madame Taubira devrait venir constater sur le terrain les conséquences de sa politique, elle verrait ce que nous vivons tous les jours.
Séverine MAROUN
Première adjointe au Maire
Groupe UMP et personnalités locales
C'est devenu un incontournable exercice de tous les politiciens de droite et d'extrême-droite que d'affliger Christine Taubira de tous les maux de la terre. Il semble qu'encore dernièrement, les tremblements de terre au Népal, ce soit elle tout comme la hausse observée du niveau des mers.
Cette fois-ci s'est au tour de Séverine Maroun, première adjointe de Bruno Beschizza à la mairie d'Aulnay-sous-Bois de s'y coller avec une ridicule histoire de saisie de drogue. 
Eh oui, madame Maroun, cela arrive tous les jours des belles affaires qui finissent au panier parce que avant même d'être instruite, l'affaire se révèle être mal partie avec les traditionnelles erreurs et autres vices de procédure que n'importe quel stagiaire en droit va trouver en moins d'une minute. Car ce qui est le quotidien des policiers est aussi le quotidien des substituts auquels on sert tous les jours des affaires mal bouclées, des enquêtes invraissemblables qui ne sont même pas sauvables.
Et pour cela, on ne peut même pas blâmer ces mêmes policiers qui pendant les années Sarkozy ont vu leurs effectifs fondre de 6.093 postes entre 2008 et 2012, et ce sans que certains responsables de l'UMP ou ex-responsables syndicaux dont un certain Bruno Beschizza ne s'en émeuvent. Car oui, il faut l'affirmer, notre ville d'Aulnay-sous-Bois et notre département de la Seine-Saint-Denis ont besoin de plus d'effectifs de Police Nationale, mieux formés, mieux équipés et plus professionnels. Car la France est aussi un pays de droit, un statut souvent trop exceptionnel de par le Monde mais auquel nous tenons. Un pays de droit avec ses règles, ses avantages et ses inconvénients, dans lequel doit exercer une police républicaine. Et cela, il ne faut pas l'oublier.
Ainsi pour madame Maroun tout comme pour ses amis de droite, Christrine Taubira qui, femme, femme de couleur, originaire de Guyane et de gauche a le tord de remettre l'humain au cœur de la justice des hommes, est une cible de choix. A défaut de banane à jeter (ça c'est pas bien), rien de tel qu'une petite tribune dans le journal municipal de la ville dont on est l'élue : cela rassure l'électorat conservateur et cela peut toujours faire plaisir aux frontistes.

lundi 13 avril 2015

Congrès du PS ou comment cacher l'essentiel


Tout va très bien, Madame la Marquise, 
Tout va très bien, tout va très bien. 
Pourtant, il faut, il faut que l'on vous dise, 
On déplore un tout petit rien ...

On connaît la célèbre chanson de Paul Misraki interprétée par l'orchestre de Ray Ventura et ses collégiens. C'est sous le signe de cette chanson que certains voudraient placer le 77e Congrès du Parti Socialiste, qui fait écho au satisfecit de l'actuelle direction du parti au soir des résultats du second tour des dernières élections départementales.
Pourtant la situation est loin d'être aussi satisfaisante. Le PS était au lendemain des élections législatives de juin 2012, le plus puissant parti politique français et était même historiquement au sommet de sa puissance : présidence de la République, majorité à l'Assemblée Nationale et au Sénat, présidence de 19 régions et de 51 conseils généraux et contrôle de la majorité des grandes villes.
Moins de trois ans après, le Parti Socialiste est devenu le troisième homme d'un système tripartite derrière la droite et l'extrême-droite, un parti malade qui a perdu près de la moitié de ses adhérents, une grande part de ses élus et cadres, et qui a divorcé de son électorat.

Aujourd'hui, alors que le Parti Socialiste organise son congrès de mi-mandat, certains dirigeants voudraient que ce qui doit être un outil pour rebondir après trois années politiquement désastreuses se borne à n'être que des petits accords politiciens, des arrangements d'appareils entre clans politiquement opposés mais toujours prompt à se partager les postes de direction.
N'en déplaise à messieurs Hollande et Valls, ce congrès ne doit pas être un simple arrangement d'appareil avec une mention majoritaire fourre-tout qui ferait l'impasse sur les véritables sujets.
La primaire socialiste de 2011 qui a permis l'élection de François Hollande a été une grand moment d'ouverture du parti à la société civile et citoyenne. Depuis, le parti n'a cessé de se refermer sur lui-même. Aujourd'hui, non seulement on veut fermer la porte mais aussi la verrouiller de l'intérieur.

Les militants socialistes ne peuvent se satisfaire d'une telle manœuvre qui éviterait les sujets qui fâchent à commencer par les orientations politiques, économiques et sociales de l'actuel gouvernement qui ne fait même plus consensus au sein même du parti et même y créer de la division. On comprend toute l'absurdité de la situation dans laquelle il faudrait taire ces divisions et espérer rebondir  au sein électoral alors même qu'une large partie de l'appareil militant ni croit pas quand il n'y est pas ouvertement opposé. Ce congrès devrait-il aussi taire l'hémorragie des militants, la désaffection des sympathisants, l'abstention de notre électorat sans en analyser la cause, ni y remédier ?

Et pourtant, le Parti Socialiste reste un bel outil pour promouvoir un certaine idée de la société, sociale et écologique, et surtout le seul en capacité à s'opposer en 2017 au retour d'une droite extrême et à l'émergence de l'extrême droite. Il mérite bien une franche discussion.



vendredi 27 mars 2015

Seine-Saint-Denis, la Gauche enfin rassemblée

Meeting de Bondy avec entre autres Pierre Laurent, Emmanuelle Cosse, Claude Bartolone et Stéphane Troussel

Il aura finalement fallu l'entre deux tours pour que la Gauche se réunisse pour faire barrage à la droite en Seine-Saint-Denis.

Pourtant co-gestionnaires sortants dans le département au côté du Parti Socialiste, Parti Communiste et Front de Gauche ont au premier tour préféré faire cavalier seul pour le plus grand plaisir de la droite forte d'une alliance UMP-UDI.

L'union qui aurait dû se faire au premier tour s'est finalement faite au second tour avec un accord équilibré et réaliste destiné à faire barrage à la droite départementale menée par Jean-Christophe Lagarde (UDI) et Bruno Beschizza (UMP).

Que de temps et d'énergie perdus dans une lutte fratricide inutile et improductive suscité par l'aile gauchiste du Front de Gauche qui fait finalement le jeu de la droite.

Parfois, il ne faut pas se tromper d'adversaire et être réaliste et déterminé sachant qu'un conseil général de droite ne pourrait que conduire le département le plus jeune et le plus pauvre de France métropolitaine dans le mur.

L'union de la Gauche, voire des Gauches est plus que nécessaire pour conserver ce département.